FOCUS : Le Château de Petit-Leez à Grand-Leez

En cette belle matinée d’été, j’ai rendez-vous pour un nouveau FOCUS avec Elisabeth Dieleman, gérante du Château de Petit-Leez à Grand-Leez. Je suis reçue sur une très sympathique terrasse pour lui poser mes questions.

MTSO : Bonjour Elisabeth. Merci de me recevoir dans un si beau décor ! On sent que ce lieu est chargé d’histoire. Pouvez-vous nous raconter la vôtre ?

E.D. : Mon père était collectionneur d’art et essentiellement de sculptures du 19eet 20e S (très classiques). Il avait une galerie au Sablon à Bruxelles. A cette époque, mes parents cherchaient une maison et mon père a eu un coup de foudre sur ce château-ferme du 17e S. C’était complètement en dehors de tout ce qu’ils cherchaient : Ce n’était pas à Bruxelles et ce n’était pas une maison mais il a tout de suite imaginé qu’il pourrait trouver un écrin pour les grandes sculptures dans ces jardins ! Il a suivi son intuition et ils se sont installés en 1992.

Mon père est malheureusement décédé en 2002 et la question de la reprise s’est posée pour mon mari et moi-même. On a pris ce pari ! J’ai continué une partie de l’activité culturelle que pratiquait déjà mon père et nous nous sommes lancés dans l’événementiel. Pour nous, c’est une façon de faire vivre le lieu et les salles et évidemment de générer l’argent nécessaire pour leur entretien.

Donc, à la base, nous travaillons ici à deux avec mon collaborateur et mon mari donne un coup de main pour l’entretien.

On a vraiment la conviction qu’un endroit comme celui-ci doit vivre, travailler et être partagé ! C’est un patrimoine incroyable dont tout un chacun doit pouvoir profiter.

MTSO : Il est vrai que c’est un patrimoine exceptionnel ! Comment le faites-vous vivre alors ?

E.D. : En temps normal, il y a deux activités distinctes mais qui, à notre avis, vont très bien ensemble.

D’abord, le volet événementiel : les salles sont mises à disposition pour des événements professionnels (séminaires, réunions, fêtes de société, …) et privés (mariages, anniversaires, baptêmes, fêtes de famille, …).

Le deuxième volet est culturel. Le parc est ouvert au public tout le weekend et il y a les espaces d’art. La galerie Exit11 est dédiée à l’art contemporain exclusivement. L’autre espace est dédié à la sculpture du Zimbabwe et celle-ci fait partie de notre histoire et des premières expositions qui ont eu lieu ici. Après le décès de mon père, j’ai décidé de continuer, car cela fait aussi partie de mon histoire. La thématique se prolonge jusque dans les jardins car on retrouve beaucoup de sculptures d’artistes européens, mais aussi africains et américains !

Le parc a l’avantage d’être très vert, avec de très beaux et grands arbres remarquables. C’est un peu une bulle pour les visiteurs qui viennent ici et c’est vraiment notre objectif : créer un espace hors du temps où les gens peuvent se ressourcer et se sentent bien ! On y apprend, on se change les idées, on échange et on partage autour de l’art !

MTSO : Et vous n’en avez pas encore parlé mais vous avez aussi une super terrasse où nous nous trouvons !

E.D. : Tout à fait. Elle est ouverte tous les weekends ! Après avoir fait tout le tour, on peut boire un petit verre. Nous mettons en avant les produits du coin bien sûr (la bière de Bertinchamps par exemple, pour ne citer qu’elle).

MTSO : Dans tous nos articles, nous mettons un point d’honneur à aborder la crise actuelle et la façon dont les opérateurs vivent ou survivent avec celle-ci. Nous imaginons qu’elle est très impactante pour vous aussi. Racontez-nous.

E.D. : Je pense qu’au début et pour tout le monde, on n’a rien vu venir. La période du confinement c’était une chose, c’était général. L’après est plus compliqué. Nous n’avons aucune perspective à court terme dans les 3 secteurs que nous représentons : le tourisme, la culture et l’événementiel. A ce jour, il n’y a pas de règle fixe et donc nous avons beaucoup de difficultés à mettre en place des activités. Pour la location des salles, c’est une catastrophe. On avait un petit retour avec les mariages à 50 personnes mais personne ne loue une salle pour 10 personnes…

MTSO : Nous sommes très touchés par ce qu’il vous arrive. Vous me parliez en « off » de la nécessité de se réinventer et de s’adapter en ces temps compliqués. Est-ce que vous, vous avez réussi à mettre en place des choses dans cette idée ?

E.D. : La réflexion est là. On ne manque pas d’idées et de créativité pour s’adapter. Malheureusement, sans dates, échéances et perspectives, nous ne savons pas à quel moment nous pourrons dérouler notre tapis d’idées : pour quel public, pour combien de gens, … C’est là que le bas blesse. C’est terrible aussi pour les artistes : la situation est telle que nous aimerions beaucoup collaborer avec des musiciens, des artistes de performances mais que c’est, pour le moment, infaisable.

MTSO : Quelle est alors l’actualité du Château de Petit-Leez ? Que peut-on faire et voir pour le moment en poussant votre porte ?

E.D. : D’abord, nous sommes ouverts tous les weekends et c’est gratuit. Nous proposons, pour le moment, une expo d’une vingtaine d’artistes appelée « Impressions » dans la galerie Exit11. Le titre est à prendre dans le sens propre et figuré : il y a à la fois de la gravure, de la sérigraphie, de la photo (de l’impression au sens propre) mais aussi de la peinture, de l’installation, de la vidéo et de la sculpture autour de la thématique ! Elle sera en place jusque fin août et s’en suivra une nouvelle exposition dès le mois de septembre. Les visiteurs peuvent également explorer l’espace « Inside », une petite galerie liée avec l’expo « Impression » mais qui met en lumière une capsule, le travail d’un artiste. Actuellement, il s’agit d’Olivier Deprez qui fait partie du collectif du Fremok.

MTSO : Et la caravane que je vois derrière vous, elle est liée à l’expo ?

E.D. : C’est une collaboration entre le CCBW et K1L. Le projet « Impressionne ton village » consiste en des ateliers de gravure et d’impression. La caravane fait le tour des villages du Brabant Wallon tout l’été et “se repose” chez nous et propose ses ateliers les dimanches !

MTSO : Ça donne envie de s’y essayer !  Notre interview touche à sa fin et ce mot de fin, on vous le laisse. Y a-t-il un dernier message que vous aimeriez faire passer ?

E.D. : Cette période est l’occasion de redécouvrir son pays mais surtout sa région ! Il y a de très belles choses très près de chez soi. Il y a de plus en plus de gens qui font du vélo et ces balades sont l’occasion de passer par des points d’intérêt touristique comme celui-ci. Alors, n’hésitez pas à passer nous voir !

Nous sommes aussi dans une réflexion sur l’après-Covid et on aimerait beaucoup développer de nouvelles formules et outils. Notamment pour les enfants : sous forme de carte au trésor ou de jeux et inviter les artistes aussi à faire une petite réalisation ciblée pour susciter l’intérêt des enfants ! On n’y est pas encore mais on y réfléchit.

MTSO : Merci de m’avoir reçue ! J’ai bien envie d’aller faire quelques photos et de m’imprégner des lieux avant de vous quitter.

106922218_2315566565406219_5273891567113318725_o

Je commence par visiter l’exposition temporaire « Impressions » : des installations très fun et parfois délirantes. Le genre d’expo devant laquelle on sourit d’abord et puis on finit par chercher le sens et les messages cachés.

Mon parcours m’emmène alors dans la grande cour centrale. Là, je prends du patrimoine plein les yeux en marchant vers l’espace « sculptures du Zimbabwe ». Cette deuxième galerie est tout à fait dépaysante et puisqu’une image vaut mille mots, en voici la preuve.

C’est l’heure de visiter les 5 hectares de parc-expo. Je vais de rencontre en rencontre et elles sont toutes singulières : Un géant, des chevaux au galop, des grands dinosaures métalliques, des masques africains à peine plus petits que moi, … et des arbres, des étangs et des petits ponts, des fleurs, des insectes.

Tout, absolument tout dans ce lieu, invite à la détente, à la découverte et à l’évasion : les jardins, les salles, la beauté de ce château et bien sûr, la gentillesse de sa propriétaire.

Pour plus d’infos :

Château de Petit-Leez, rue de Petit-Leez 129 à Grand-Leez

081/640.866 ou info@chateaupetitleez.com

https://www.chateaupetitleez.com/

https://www.facebook.com/pg/chateaupetitleez